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Culture de Cactus au Maroc
Added On : 09 March 2011
  
Hafid FASSI FIHRI Les promesses de la culture de Cactus au Maroc Un gisement à exploiter Une plante miracle Bien qu’introduit depuis longtemps au Maroc, le cactus (figuier de barbarie) ne suscitait par le passé que peu d’intérêt, d’autant plus que cette plante, fortement représentée dans le paysage rural du Royaume, ne fut utilisée que pour délimiter les parcelles cultivées et les sentiers, séparer les propriétés ou constituer des abris pour animaux (Zriba), mais cette donne a changé, au fil des années, avec les recherches scientifiques qui ont démontré les différents avantages de cette culture désormais prometteuse et à forte valeur ajoutée. La succession des années de sécheresse qu’a connu le Maroc, conjuguée au besoin pressant de trouver des espèces végétales peu exigeantes en eau et à grande adaptation aux conditions de milieu les plus critiques (climat aride, chaleur, terrains pauvres) et à forte valeur alimentaire et fourragère, sont des facteurs parmi d’autres qui ont été derrière le regain d’intérêt que suscite cette culture non seulement au Maroc, qui dispose d’un potentiel énorme dans ce domaine, mais aussi dans nombre de pays à travers le monde. L’intérêt grandissant pour cette plante miraculeuse a été couronné par la création, par la FAO durant les années 90, d’un réseau international « FAO- CactusNet» , dont le Maroc est membre actif. Et pour preuve, ce réseau, qui organise des messes scientifiques de grande envergure, a décidé de tenir son 7ème Congrès International en octobre 2010 à Agadir, avec la participation de plus de 500 chercheurs et experts de renommée, en provenance de plusieurs pays, notamment le Mexique, l’Argentine, le Chili, le Maroc et l’Italie. Concernant les multiples avantages de la culture du Cactus, ils sont d’ordre écologique, socio-économique, alimentaire, cosmétique ou encore thérapeutique. Pour le Maroc, un pays où les zones arides et semi-arides occupent de grandes superficies, l’intérêt pour le Cactus comme plante fourragère est évident. Le figuier de barbarie est, en effet, un outil efficace pour l’amélioration des parcours et la création de réserves fourragères mobilisables durant les périodes difficiles. La forte teneur en eau (90 pc) du Cactus, lui confère un autre rôle aussi important : ses raquettes succulentes peuvent assurer la satisfaction de 80 pc des besoins du bétail en eau d’abreuvement, notamment durant les périodes chaudes où les troupeaux ne cessent de transhumer en quête des points d’eau. Sur le plan environnemental, la culture du Cactus permet la préservation des sols contre l’érosion, la lutte contre la désertification et la conservation de la biodiversité, tout en contribuant à la régénération des espèces végétales spontanées et à la constitution d’un microclimat favorable au développement d’une faune et une flore très diversifiées. Les vergers de cactus constituent aussi de très beaux sites pour la recréation et le tourisme rural et de véritables réserves pour les amateurs des activités cynégétiques. Le Cactus est considéré comme étant l’une des plantes les plus rentables économiquement, car elle permet aux agriculteurs de diversifier les activités génératrices de revenu (apiculture, extraction d’huile de cactus, vente des figues fraîches ou séchées…). Le Cactus présente également des avantages alimentaires indéniables, puisqu’il peut contribuer à la lutte contre la famine ou encore la malnutrition . En effet, des recherches très poussées ont démontré que la figue de barbarie est l’un des aliments les plus complet et les plus riches en différents nutriments (sels minéraux, vitamines…), au point qu’il convient de le qualifier de produit « neutraceutique» . Les fruits peuvent être consommés à l’état frais, congelés, confits ou séchés comme dans certaines régions du sud du Royaume, ou encore transformés en jus, sirop, farine, confiture ou en huile alimentaire de graine. Concernant les jeunes raquettes (cladodes), si leur consommation est une habitude alimentaire des Mexicains, au Maroc un tel engouement est quasi-absent sauf pour certains produits préparés par des coopératives féminines comme « Aknari» de Sid Ifni et « Assobar» des Rhamna. Le Cactus (figues et raquettes) revêt en effet des vertus thérapeutiques indéniables puisque ces produits sont utilisés dans la prévention contre certaines maladies comme le diabète, le mauvais cholestérol, les maladies cardio-vasculaires ou encore pour le traitement du rhumatisme, la toux, les infections de l’appareil urinaire, les troubles digestifs, l’ulcère, les diarrhées et les coliques. Il est connu aussi pour son efficacité comme antirides, ainsi que comme base pour la fabrication de diverses préparations cosmétiques, notamment sous forme de crèmes, de shampoings et d’assouplissants de cheveux. Ces vertus ont été découvertes très tôt au Mexique, dont cette plante est originaire, puisque le Cactus fût utilisé par l’homme depuis 6.500 ans avant JC et fût l’une des bases de l’alimentation des populations indigènes, avant d’être introduit vers le 16ème siècle dans le nord et le sud de l’Afrique et dans le pourtour Méditerranéen. La superficie totale du Cactus, pour ce qui est du Maroc, peut être évaluée entre 120.000 et 150.000 ha. La culture est présente sur l’ensemble du territoire mais avec des densités qui varient d’une région à l’autre : les plus fortes concentrations sont constatées à Rhamna (35.000 ha), Sidi Ifni et Aït Ba Amrane (40.000 ha), Al-Hoceima, Doukala, Oued-Zem et les environs de Casablanca. Concernant les variétés disponibles au Maroc, grâce à la diversité de ses régions écologiques, le Royaume dispose de plusieurs variétés. Il serait juste de dire que chaque région a son propre cultivar. Le cactus « Opuntia ficus indica» est la principale espèce qui s’est adaptée aux conditions locales pour donner ces différents cultivars dont on cite, entre autres : Moussa, Aissa et Achefri (Sidi Ifni), Rhamania (Rhamna), Doukalia (El-Jadida), El-Hadaouiya (Casablanca), Majdoubia (Mohammedia) et Eddallahia (Al-Hociema). La nouvelle stratégie du développement de l’agriculture Marocaine concrétisée par le Plan Maroc Vert (PMV) est une véritable opportunité pour le développement des différentes filières liées au Cactus, sachant que le PMV prévoit la consécration d’un million d’hectares pour des espèces fruitières peu exigeantes en eau, tel que l’olivier, le caroubier ou encore le cactus, autant dire que les superficies réservées au Cactus au niveau de chaque région devront connaître une augmentation remarquable, notamment dans les régions de Guelmim-Smara (70.000 ha supplémentaires) et Rhamna (50.000 ha). Si le Cactus est une culture qui cadre parfaitement avec la philosophie et les objectifs du Plan Maroc Vert, la réussite de tous ces programmes nécessite l’adoption d’une approche intégrée portant notamment sur le développement du terroir dans sa globalité. Favoriser de meilleures conditions de production, de récolte et de commercialisation du fruit de cactus et explorer toutes les voies pour la valorisation de cette plante pour en faire un levier de développement local en zones rurales du sud du Maroc, tel est le pari que tente de relever l’Agence pour le développement des provinces du Sud à travers un ambitieux programme, dont les premiers résultats semblent prometteurs. Aujourd’hui hui , il est impératif et vital de plaider en faveur d’une accentuation des efforts afin de maîtriser au mieux les mouvements d’exportation des graines des figues vers l’étranger de manière à ce que la marge des bénéfices reste au Maroc comme il est urgent d’appuyer le développement d’une véritable industrie nationale cosmétique et pharmaceutique liée au Cactus et de promouvoir la recherche scientifique dans ce domaine. A ce sujet, le renforcement des relations de partenariat avec le Mexique qui dispose d’une longue expérience et d’un grand savoir-faire dans ce domaine et l’engagement du secteur privé à investir davantage dans cette activité prometteuse sont des leitmotiv majeurs afin d’assurer à la culture du Cactus l’essor d’un avenir prometteur. En outre , Intégrer la culture du Cactus dans le cadre des programmes de lutte contre la pauvreté et de développement social est devenu un impératif majeur afin de créer des richesses et des emplois en milieu rural à condition de ne pas laisser le filon des huiles de Cactus à la merci des hommes d’affaires. En effet , la filière devrait être organisée afin que les populations concernées puissent en profiter en priorité. Un excellent travail est accompli, en permanence, par des chercheurs marocains dans nombre d’universités et d’instituts nationaux dont l’INRA, l’Institut Hassan II de Rabat et d’Agadir, l’université Cadi Ayyad de Marrakech ou encore Hassan I de Settat, entre autres. Des efforts qui se sont soldés par la publication de plusieurs études et recherches et la mise au point de certains produits à base du cactus. Par Hafid FASSI FIHRI 1 2 3 Sur le plan environnemental, la culture du Cactus permet la préservation des sols contre l’érosion, la lutte contre la désertification et la conservation de la biodiversité, tout en contribuant à la régénération des espèces végétales spontanées et à la constitution d’un microclimat favorable au développement d’une faune et une flore très diversifiées. Les vergers de cactus constituent aussi de très beaux sites pour la recréation et le tourisme rural et de véritables réserves pour les amateurs des activités cynégétiques. 4 Le Cactus est considéré comme étant l’une des plantes les plus rentables économiquement, car elle permet aux agriculteurs de diversifier les activités génératrices de revenu (apiculture, extraction d’huile de cactus, vente des figues fraîches ou séchées…). Le Cactus présente également des avantages alimentaires indéniables, puisqu’il peut contribuer à la lutte contre la famine ou encore la malnutrition 5 Intégrer la culture du Cactus dans le cadre des programmes de lutte contre la pauvreté et de développement social est devenu un impératif majeur afin de créer des richesses et des emplois en milieu rural à condition de ne pas laisser le filon des huiles de Cactus à la merci des hommes d’affaires. En effet, la filière devrait être organisée afin que les populations concernées puissent en profiter en priorité. 4/3/2011
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